Le drawdown est la baisse d’une courbe de capital par rapport au plus haut atteint auparavant. Si la valeur monte à 10 000 € puis descend à 8 000 €, le drawdown est de 2 000 €, soit 20 % du sommet.
En termes simples — Le rendement compare souvent le départ et l’arrivée. Le drawdown décrit les vallées traversées entre les deux. Deux stratégies au même résultat final peuvent avoir demandé des risques et des temps de récupération très différents.
Définition
Notons Vₜ la valeur à la date t et Mₜ le maximum observé jusqu’à cette
date.
DDₜ = Mₜ − VₜDDₜ % = (Mₜ − Vₜ) / MₜLe drawdown revient à zéro lorsqu’un nouveau sommet est atteint. La durée se mesure du pic au retour à ce niveau. Si la récupération n’a pas encore eu lieu, le drawdown reste ouvert.
Le maximum drawdown est le plus grand recul pic-creux observé dans la fenêtre analysée. Il dépend du début et de la fin du jeu de données, de la fréquence, des frais et du traitement des versements ou retraits.
La récupération n’est pas symétrique
Après une baisse proportionnelle x, le rendement nécessaire depuis le creux
est :
récupération requise = x / (1 − x)Une perte de 10 % demande environ 11,1 % ; une perte de 20 % demande 25 % ; une perte de 50 % demande 100 %. La différence vient de la base plus petite après la baisse.
La durée sous le sommet peut être aussi importante que la profondeur. Une stratégie qui récupère lentement immobilise du capital et peut dépasser l’horizon ou la tolérance de son utilisateur, même si son drawdown maximal est inférieur à celui d’une autre.
Ce que le maximum historique ne dit pas
Un Max DD est une observation, pas une barrière. Un échantillon court, un nouveau régime, des coûts sous-estimés, du levier ou une séquence absente du backtest peuvent produire une baisse future plus profonde.
La comparaison exige une courbe cohérente : même devise, même fréquence, frais inclus et flux externes neutralisés ou documentés. Un drawdown intraday et un drawdown calculé sur clôtures quotidiennes ne mesurent pas la même trajectoire.
Utilisation dans le plan de risque
Le plan fixe avant la crise les seuils d’alerte, de réduction, de revue et de suspension. Il ne se contente pas d’un pourcentage : il vérifie si le recul provient de la variabilité prévue, de slippage, d’une erreur opérationnelle ou d’une hypothèse devenue invalide.
Réduire ou arrêter peut être correct ; continuer peut aussi l’être. La décision doit découler de critères documentés et de données actuelles, pas de la volonté de récupérer rapidement. Le risque de ruine prolonge cette analyse en ajoutant un seuil, un horizon et une probabilité conditionnelle au modèle.
Erreur fréquente — Utiliser le maximum drawdown passé comme promesse, puis augmenter la taille après une perte. Le levier accélère aussi les futurs drawdowns et peut rapprocher les contraintes de marge.
Références
- Malik Magdon-Ismail, Amir F. Atiya, Amrit Pratap et Yaser S. Abu-Mostafa, On the Maximum Drawdown of a Brownian Motion
- Alexei Chekhlov, Stanislav Uryasev et Michael Zabarankin, Drawdown Measure in Portfolio Optimization