La gestion du risque rassemble les définitions, mesures, limites et procédures qui rendent une perte possible identifiable, dimensionnable et soutenable. Elle ne supprime pas l’incertitude : elle organise ce qui peut être décidé avant l’ordre et ce qui dépend encore du marché, du produit, du courtier et de l’exécution.
Point de départ — Un débutant peut retenir une règle simple : on définit d’abord ce qui invalide l’idée, puis le montant que le compte peut supporter, et seulement ensuite la quantité. Le levier disponible ne doit pas choisir la taille à la place du plan.
Avant l’ordre : budget, invalidation et quantité
Le risque par opération est une perte
planifiée sous des hypothèses d’exécution. Il peut être exprimé en euros,
en pourcentage du capital ou en unité R. Ce n’est pas une perte maximale
garantie : un gap, un manque de liquidité, des frais ou un ordre exécuté à un
prix différent peuvent produire davantage.
Le dimensionnement de position convertit ce budget en quantité. Dans le cas linéaire le plus simple :
risque planifié ≈ quantité × distance jusqu’au stop × valeur du point + coûtsPour un future, un CFD, une devise ou une option, il faut encore connaître le tick, le multiplicateur, la devise de règlement et la forme du payoff. Une taille théorique doit ensuite être arrondie au lot négociable et contrôlée par la liquidité et le risque déjà présent dans le portefeuille.
Exposition, levier et marge
La valeur notionnelle décrit l’échelle économique de la position. L’effet de levier est un rapport entre cette exposition et un capital clairement nommé. La marge est une ressource ou une garantie exigée par un contrat. Ces trois nombres peuvent évoluer différemment.
Une exposition de 10 000 € rapportée à 1 000 € de capital correspond à une mesure notionnelle de 10×. Si l’exposition reste fixe, diminuer le dépôt initial ne change pas automatiquement la sensibilité monétaire au prix ; cela change le coussin disponible. À l’inverse, augmenter l’exposition à capital constant augmente à la fois le levier et le P&L associé au même mouvement de marché.
Le mot « marge » exige toujours le contexte. Dans un compte titres, le courtier peut prêter une partie du prix et conserver les actifs en garantie. Dans les futures, la marge est généralement un performance bond et non l’acompte sur un achat financé. Les intérêts, appels de marge, règles de maintien et pouvoirs de vente forcée découlent du produit et du contrat applicable.
Liquidation : seuil, processus et prix final
La liquidation forcée intervient lorsque le compte ne respecte plus une exigence de marge, de crédit ou de risque. Le déclencheur affiché, le début de la procédure et le prix moyen réellement obtenu sont trois événements distincts. Une vente peut être partielle, répartie sur plusieurs exécutions et laisser un déficit après coûts et slippage.
Le contrôle préventif consiste à connaître le prix de référence, la marge de maintien, le périmètre du collatéral, les pouvoirs du courtier et les scénarios de gap. Une modalité dite « isolated » ne constitue pas à elle seule une garantie juridique que la perte restera limitée au montant affiché.
Après l’opération : trajectoire et survie
Le drawdown mesure l’écart entre la valeur actuelle et le sommet antérieur. Sa profondeur ne suffit pas : la durée sous le sommet et le temps de récupération comptent aussi. Après une baisse de 20 %, il faut une hausse de 25 % depuis le creux pour revenir au point de départ.
Le risque de ruine pose une question probabiliste : quelle est la probabilité que le capital touche une limite précise avant un horizon donné ? La limite peut être zéro, un seuil de marge ou le capital minimal nécessaire pour continuer la stratégie. La réponse dépend du modèle des résultats, du dimensionnement, des coûts, des dépendances, de la liquidité et des changements de régime.
Un contrôle lisible
Un plan complet indique le capital de référence, l’invalidation, la perte unitaire, la quantité, la valeur notionnelle et les expositions agrégées. Il documente aussi les coûts, le fonctionnement des ordres, les règles de marge, les scénarios dépassant le stop et les seuils de réduction ou de suspension.
Après exécution, le journal conserve le risque planifié et le résultat réel. L’écart entre les deux permet de repérer slippage, erreurs d’unité, modèles de coûts incomplets ou discipline non respectée. Ce retour d’expérience relie la décision individuelle à la trajectoire du capital.
Le chapitre suivant passe du trade au système : mesures de queue, scénarios, dépendances, liquidité, modèles et intermédiaires.
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Références
- CME Group — Proper Position Size
- CME Group — About Contract Notional Value
- CME Group — Performance Bonds/Margins FAQ
- CFTC — Understand the Risks of Virtual Currency Trading
- Investor.gov — Margin Call
- FINRA — Brokerage Accounts