Le risque de liquidité de financement est le risque de ne pas disposer des espèces ou garanties nécessaires, dans la bonne devise et au bon moment, pour honorer une obligation. Une entreprise peut posséder des actifs de valeur et être pourtant incapable de payer aujourd’hui sans les vendre à perte.
En termes simples — La solvabilité concerne la valeur des actifs et des dettes ; la liquidité de financement concerne le calendrier des paiements. Un besoin à 9 h ne peut pas être couvert par une ressource disponible la semaine suivante.
D’où viennent les besoins ?
Les sorties comprennent règlements d’achats, appels de marge, variation margin, remboursement d’un financement, retraits, coupons, commissions et obligations de livraison. Leur taille et leur date peuvent dépendre des marchés.
Les ressources comprennent espèces, entrées contractuelles, actifs mobilisables, lignes de crédit et possibilité de réduire des positions. Une ressource ne compte que si elle est disponible dans le délai, la devise et l’entité requis. Une ligne révocable ou un actif déjà nanti n’offre pas la même capacité qu’une réserve libre.
Collatéral et haircuts
La valeur de marché d’un actif n’est pas toujours sa valeur de financement. Un haircut réduit la valeur reconnue ; l’éligibilité peut changer ; le transfert peut demander du temps. Sous stress, la baisse du prix et la hausse du haircut peuvent se produire ensemble.
Cross margin et netting peuvent réduire certains besoins, mais seulement dans le périmètre juridique et opérationnel prévu. Les garanties enfermées dans une entité, une chambre de compensation ou une devise ne sont pas nécessairement transférables vers une autre.
La boucle marché-financement
Une hausse de volatilité accroît les marges. Pour trouver des espèces, le portefeuille vend des actifs ; cette vente peut déplacer les prix, réduire la valeur du collatéral et provoquer un nouvel appel. Le risque de liquidité de marché et le risque de financement se renforcent alors.
Une position couverte en valeur peut encore exiger des flux à des moments différents sur ses deux jambes. Le basis et le délai de règlement créent un besoin même si le P&L final devait se compenser.
Mesure et stress
Une échelle d’échéances place entrées et sorties dans des bandes de temps. Le rapport sépare flux contractuels, flux conditionnels et ressources mobilisables, puis applique des scénarios : retrait de financement, hausse de marge, défaut d’une contrepartie, baisse des actifs et fermeture d’un marché.
La survie du plan se mesure jusqu’à un horizon défini, sans supposer que toutes les ventes ont lieu au dernier prix. Le test estime aussi la concentration des fournisseurs, l’accès opérationnel aux comptes et les heures limites de règlement.
Plan de contingence
Le plan désigne les réserves, actifs vendus en premier, lignes activables, responsables et communications. Il contient des seuils précoces : attendre la liquidation forcée laisse l’intermédiaire choisir le moment et réduit les options.
Erreur fréquente — Compter tout l’actif du portefeuille comme liquidité immédiate. Il faut retrancher haircuts, actifs nantis, délai, impact de vente et restrictions de transfert.
Références
- Basel Committee, Principles for Sound Liquidity Risk Management and Supervision
- European Central Bank, Market liquidity and funding liquidity risks