En termes simples — La bourse organise la négociation ; le courtier reçoit ou transmet l’ordre ; le dealer négocie pour son compte ; le teneur cote des prix ; le conservateur tient les actifs. Une application peut réunir plusieurs fonctions, qui restent distinctes.
L’écran utilisé pour acheter ou vendre n’est que le point d’accès visible. Derrière un ordre interviennent parfois plusieurs entités. Les distinguer permet de savoir où se forme le prix, qui choisit le routage, qui devient contrepartie et qui garde les actifs après règlement.
Les rôles essentiels
La bourse ou le lieu de négociation organise la rencontre des intérêts selon un règlement. Le courtier reçoit, transmet ou exécute l’ordre du client. Le dealer négocie pour son propre compte et peut être la contrepartie. Le teneur de marché affiche des prix sur un périmètre donné.
Après la transaction, une chambre de compensation ou CCP peut déterminer les positions et s’interposer. Un dépositaire central (CSD) et un conservateur interviennent dans l’enregistrement, le règlement ou la garde selon des fonctions différentes. Ces descriptions sont fonctionnelles : les définitions juridiques varient selon le pays.
Ce que fait un lieu de négociation
Le lieu fixe admission, types d’ordres, priorité, enchères, horaires, pas de cotation et suspensions. Il peut utiliser un moteur d’appariement, mais tout marché n’est pas un carnet central unique et entièrement visible.
Dans l’Union européenne, « trading venue » comprend marché réglementé, MTF et OTF. Un internalisateur systématique ou un dealer bilatéral n’en devient pas automatiquement une. Le mot commercial « exchange », fréquent aussi pour les actifs numériques, ne prouve donc ni forme légale ni protection particulière.
Ce que peut faire le courtier
Le courtier n’est pas forcément le marché d’exécution. Il peut transmettre à une bourse, choisir entre plusieurs lieux ou fournisseurs de liquidité, envoyer à un teneur, internaliser selon les règles, suivre une instruction du client ou proposer un produit OTC dont il est la contrepartie.
Ce parcours affecte prix, rapidité, probabilité de fill, coûts et amélioration éventuelle du prix. Une commission affichée à zéro ne signifie pas coût nul : spread, mark-up, financement, change, slippage et conflits de routage peuvent subsister.
Les étiquettes A-book, B-book, STP ou ECN ne constituent ni une classification réglementaire complète ni une preuve de qualité. Il faut lire la politique d’exécution, les conflits, les conditions du produit et le rapport d’exécution.
Contrepartie et garde
La contrepartie porte l’obligation de la transaction. Le conservateur tient ou administre les actifs après acquisition. Un courtier peut aussi assurer la garde, utiliser un tiers ou enregistrer les titres indirectement. Un dérivé OTC peut créer une créance contractuelle sans propriété du sous-jacent.
La présence d’une CCP modifie le post-marché, mais ne remplace pas automatiquement courtier, conservateur ou dépositaire central. La page compensation, règlement et conservation sépare ces étapes.
Quand une plateforme cumule les fonctions
Une entreprise peut être à la fois interface, lieu, courtier, dealer, conservateur et prêteur. Avant d’y déposer ou négocier, identifier la personne juridique contractante, la présence d’un carnet ou d’une exécution bilatérale, la source du prix, la ségrégation des actifs, le clearing, l’autorité de surveillance et la procédure de réclamation.
Le nom commercial ne répond à aucune de ces questions. Il faut aussi vérifier si le courtier agit comme agent, comme principal ou alterne les deux selon le produit.
Erreur fréquente — Supposer que le courtier est toujours agent, que la bourse est sans conflit ou que l’entité qui affiche le solde est nécessairement le conservateur final.
Références
- U.S. SEC, Investor.gov — Executing an Order
- ESMA — MiFID II, article 4 : définitions
- ESMA — MiFID II, article 27 : exécution aux conditions les plus favorables
- ESMA — EMIR, article 2 : définitions